Henri Bergson - Le bon sens ou l'esprit français

Sun 15 December 2013

In livres.

Le bon sens et les études classiques

"Je voudrais montrer que le bon sens consiste en partie dans une disposition active de l'intelligence, mais en partie aussi dans une certaine défiance toute particulière de l'intelligence vis-à-vis d'elle-même."

Nos sens nous informent sur l'utilité des choses plus que sur leur présence. Ainsi le bon sens est est bien une forme de sens, mais en rapport avec des personnes. C'est un sens du "social".

Le bon sens nous oriente dans la prise de décisions, mais contrairement à l'instinct il s'efforce de nous préserver de l'automatisme intellectuel. "Il ne tient pas tant à avoir raison une fois pour toutes qu'à toujours recommencer d'avoir raison".

Le bon sens tire sa force du principe même de la vie sociale: l'esprit de justice.

"Je vois donc dans le bon sens l'énergie intérieure d'une intelligence qui se reconquiert à tout moment sur elle-même, éliminant les idées faites pour laisser la place libre aux idées qui se font, et se modelant sur le réel par l'effort continu d'une attention persévérante."

Le mot, en tant qu'il symbolise les idées est un piège pour le bon sens.

"Croyez le bien, jeunes élèves, la clarté des idées, la fermeté de l'attention, la liberté et la modération du jugement, tout cela forme l'enveloppe matérielle du bon sens; mais c'est la passion de la justice qui en est l'âme."

En résumé

Bergson oppose le bon sens à l'intelligence, aux préjugés, aux réflèxes et aux habitudes. Le bon sens se rattache dans le domaine social à la vie (il emploie souvent ce terme) et à la justice (justice en tant qu'on n'achète pas un bien au prix d'un plus grand mal).

Le bon sens apporte un souffle de vie à l'intelligence. Cela différencie un être capable d'un être brillant.

Les études gréco-latines et la réforme de l'enseignement secondaire

La étude gréco-latines apportent une connaissance précise et originelle des mots sans laquelle on ne peut manier parfaitemenet le français ainsi qu'une culture dont notre littérature est remplie.

La culture gréco-latin apporte aussi une précision intellectuel, luttant contre l'"à peu près", ce qui est une force pour des domaines comme le luxe où la France excelle.

Les études gréco-romaines ont fait de nous ce que nous somme et participent à notre réputation internationnale, en nous faisant les héritier de cette culture.

Bergson critique ici l'enseignement primaire, secondaire, "spécial" et la réforme de 1902.

Bergson propose un double enseignement: un classique complet et un non classique pour les carrières industrielles; avec des passerelles entre les deux. Les deux enseignements seront choisis en fonction des facilités d'apprentissage et d'attention exprimées par les élèves (à cet âge il n'y a pas de "vocations").

Les études classiques, ainsi allégées des élèves inattentifs ou inintéressés, pourraient aller plus vite. Sans la priser, elles n'épargneraient pas la difficulté.

"Une solide éducation classique, grecque et latine, pour ceux qui réprésenteront plus spécialement aux yeux du monde l'esprit français ; une éducation secondaire sans grec ni latin, très élevée mais de caractère pratique, pour ceux qui auront à développer la richesse du pays."